Un an après sa création, l’Observatoire confirme son rôle de vigie des violences numériques faites aux mineurs.

Créé en juin 2025 sous la direction de Véronique Béchu, ancienne commandante de police engagée depuis plus de vingt ans dans la lutte contre les violences faites aux enfants, l’Observatoire du Harcèlement et des Violences numériques faites aux mineurs dresse le bilan de sa première année. 

Pensé comme un dispositif de veille, d’analyse et d’alerte, l’Observatoire s’appuie sur une base d’observation singulière : les sollicitations et signalements du 3018 ; les ateliers de prévention menées auprès des jeunes ; les travaux de recherche et les partenariats institutionnels, européens et internationaux de l’Association.

Avec pour objectif de documenter les situations rencontrées par les enfants et les adolescents, repérer les évolutions des violences auxquelles ils sont exposés, croiser les expertises, produire des ressources utiles à la prévention, au plaidoyer et à la régulation, alerter les autorités judiciaires sur des agissements particulièrement préjudiciables aux mineurs dans leurs usages numériques. 

Analyser  les réalités vécues par les jeunes 

Deux études pilotées par l’Observatoire ont documenté la réalité vécue par les jeunes. Le baromètre annuel de l’Association révèle que près de 4 jeunes sur 10 âgés de 6 à18 ans sont touchés par le harcèlement ou le cyberharcèlement et que ¼ des victimes ont déjà pensé au suicide. 

L’étude « Adolescents et information » met en lumière une génération qui s’informe d’abord sur les réseaux sociaux, TikTok en tête pour 70 % des adolescents, tandis que plus de huit sur dix déclarent ne plus savoir à qui faire confiance face aux fausses informations.

Repérer les phénomènes émergents

En parallèle, l’Observatoire a également assuré un travail de veille sur des phénomènes encore insuffisamment pris en compte : banalisation des discours masculinistes dans les espaces numériques fréquentés par les adolescents, les mésusages de l’IA, notamment les deepfakes, outils de « déshabillage », agents conversationnels détournés ou encore les violences extrêmes de la mouvance The Com telle que CVLT et 764.

Cette expertise fondée sur les faits a conduit l’Observatoire devant la délégation aux droits des femmes du Sénat (mai 2026) sur la montée du mouvement masculiniste, et a communiqué ses préconisations auprès des pouvoirs publics.

Croiser le terrain, la recherche et les institutions

L’Observatoire a également permis de renforcer le dialogue entre acteurs de terrain, chercheurs, institutions, associations et professionnels de l’éducation.

Le 5 novembre 2025, à la veille de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’École, l’Association a organisé son premier colloque, consacré aux mécanismes du harcèlement chez les jeunes et à l’état des lieux des politiques publiques. Ouvert par Justine Atlan et Véronique Béchu, ce rendez-vous a réuni chercheurs, institutions, associations et acteurs éducatifs. Il a marqué le lancement d’un cycle de rencontres dédié à la protection des mineurs face aux violences numériques, dont la deuxième édition, en mars 2026, a été consacrée à la protection des jeunes dans l’environnement numérique. 

L’Observatoire a lancé un projet pédagogique consacré à la désinformation et à l’égalité filles-garçons, co-construit avec les collégiens de l’établissement Hector Berlioz de Vincennes (94), afin d’accompagner les jeunes dans une lecture plus critique de leurs usages numériques et des contenus auxquels ils sont exposés.

Produire des constats utiles à l’action publique

Publié en mai 2026 au titre du statut de “signaleur de confiance”, le premier rapport de transparence de l’Association a mis en lumière l’intensification des violences numériques et l’insuffisance des réponses des plateformes. En 2025, le 3018 a reçu 124 500 sollicitations ;  une victime sur quatre avait moins de 11 ans ; une crise suicidaire était traitée tous les trois jours ; ¼ des cas de sextorsion sont générés à l’aide de l’IA. Il a vu la recrudescence d’un phénomène touchant principalement les jeunes filles : “l’extorsion sexuelle à but d’humiliation”, fortement lié à l’adhésion récente par les jeunes aux discours masculinistes.  

Lire le rapport de transparence 2025

Cette démarche permet de faire le lien entre l’analyse et l’action. L’Observatoire a pour mission d’éclairer les pouvoirs publics dans l’élaboration des réponses à apporter tout en donnant aux jeunes, à leurs parents et aux professionnels des repères et outils pour comprendre les situations, identifier les bons réflexes et agir plus efficacement.

Un an après la création de l'Observatoire, une conviction s'impose. Protéger les enfants dans leurs usages numériques, ce n'est pas juste regarder la violence. C'est la comprendre. C'est l'anticiper. Et c'est agir, ensemble, pour qu'elle ne devienne jamais une fatalité.

Ensemble, luttons contre le harcèlement et les violences numériques !