Une étude de l’Association e-Enfance / 3018 menée auprès de 1 049 jeunes de 11 à 18 ans, par l’Institut Toluna Harris Interactive, révèle une transformation profonde de leur rapport à l’information. Les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale dans l’accès à l’actualité, avec le réseau social TikTok comme principale porte d’entrée. Dans le même temps, une large majorité de jeunes se disent régulièrement exposés à des fausses informations et expriment une perte de repères croissante face à la fiabilité des contenus.
L’étude met ainsi en évidence une génération attentive à l’actualité qui est consciente des risques de manipulation, mais qui s’informe néanmoins via des plateformes numériques dominées par des logiques de recommandation et les flux algorithmiques, où l’information côtoie en permanence divertissement et contenus trompeurs.
Les réseaux sociaux et l’IA occupent une place grandissante dans l’exposition des jeunes à l’actualité. La recherche directe d’information sur les réseaux sociaux concerne déjà 20 % des 11-13 ans.
Chez les 16-18 ans, 69 % déclarent que les réseaux sociaux constituent leur premier canal d’exposition à l’information.
Lorsqu’ils recherchent de l’information sur ces plateformes, 70 % des adolescents se tournent vers TikTok dont plus d’un sur deux (55%) chez les 11-13 ans qui s’impose très largement comme la principale porte d’entrée vers l’actualité, loin devant les autres réseaux sociaux.
Ce constat interroge d’autant plus que l’accès aux réseaux sociaux est en principe interdit aux moins de 13 ans.
Contrairement à certaines idées reçues, les adolescents ne se déclarent pas naïfs face à la désinformation. 73 % des jeunes disent repérer régulièrement des fausses informations, toutes sources confondues et 60 % déclarent “vérifier” les contenus qu’ils consultent.
Parmi les informations qu’ils identifient le plus souvent comme trompeuses, un tiers concerne des contenus politiques.
Malgré cette vigilance, les adolescents expriment une perte de repères croissante face à la fiabilité de l’information. 81 % des jeunes déclarent ne plus savoir à qui faire confiance face aux fausses informations qui se multiplient.
Plus d’un jeune sur deux (55%) estime également qu’il devient difficile de distinguer le vrai du faux, et 53 % déclarent que la désinformation finit par réduire leur envie de s’informer.
56 % des adolescents déclarent faire confiance aux informations fournies par des intelligences artificielles génératives, comme les assistants conversationnels.
Dans le même temps, 40 % reconnaissent remettre rarement, voire jamais, en cause une information provenant d’une IA, ce qui souligne l’importance croissante de ces technologies dans l’écosystème informationnel des jeunes.