L'extorsion sexuelle ou "sextorsion"
cas de sextorsion ont été notifiés auprès des plateformes par le 3018, depuis le début de l’année 2026.
L’extorsion sexuelle, auparavant appelée “sextorsion”, est une forme de chantage qui peut toucher aussi bien les mineurs que les adultes.
Une personne menace de diffuser des photos, vidéos ou contenus intimes d’une victime si celle-ci refuse de répondre à ses demandes.
L’objet du chantage peut concerner de l’argent, de nouveaux contenus à caractère sexuel, la réalisation d’actes sexuels particulièrement humiliants . Les images utilisées pour exercer ce chantage ne sont d’ailleurs pas nécessairement des contenus que la victime a elle-même envoyés : elles peuvent avoir été volées lors d’un piratage, enregistrées à son insu, détournées ou encore générées par intelligence artificielle à partir d’une simple photo.
Qu'est-ce que l'extorsion sexuelle ?
L’extorsion sexuelle repose sur un mécanisme de pression : l’auteur détient, ou prétend détenir, un contenu intime concernant la victime et menace de le diffuser auprès de ses proches, sur les réseaux sociaux ou sur Internet.
L’objectif est alors de contraindre la victime à céder à ses demandes.
Plusieurs formes d’extorsion sexuelle existent, et elles peuvent parfois se cumuler ou évoluer au cours d’une même situation.
L’extorsion sexuelle à but financier
Dans ce cas, l’auteur réclame de l’argent en échange de la promesse de ne pas diffuser les contenus intimes qu’il détient.
Cette forme touche notamment les adolescents et le premier contact se déroule souvent sur une plateforme de jeux en ligne. Chez les mineurs, les garçons âgés de 14 à 17 ans sont particulièrement concernés.
L’extorsion sexuelle à but sexuel
L’auteur ne réclame pas d’argent, il exige:
- de nouvelles photos ou vidéos intimes
- un appel vidéo à caractère sexuel
- la réalisation d’actes sexuels à distance sur elles-mêmes ou sur autrui (dont des enfants plus jeunes de leur entourage)
Les filles mineures sont davantage ciblées dans ce type de situations.
L’extorsion sexuelle à des fins d’humiliation
L’auteur cherche dans ce cas à dominer, humilier ou rabaisser la victime, en la contraignant notamment à produire des contenus sexuels, parfois violents, avant de les diffuser pour porter atteinte à sa e-réputation.
Chez les mineurs, cette forme de sextorsion concerne très majoritairement, voire presque exclusivement, les filles.
Comment commence une situation d’extorsion sexuelle ?
Il n’existe pas un scénario unique, mais de nombreuses situations suivent un schéma comparable.
Tout commence par une prise de contact sur un réseau social, une plateforme de jeux vidéo, un forum de chats ou une application mobile chiffrée. L’auteur peut également être une personne déjà connue de la victime, par exemple un ancien partenaire qui détient déjà des contenus intimes.
Lorsqu’il s’agit d’un inconnu, celui-ci cherche à créer progressivement une relation de confiance avec la victime. Il la manipule jusqu’à la mise en place d’un attachement particulier qu’il va favoriser en isolant progressivement la victime de son entourage: c’est ce que l’on appelle le grooming. L’un des stratagèmes les plus courants est de se faire passer pour un mineur sensiblement du même âge que la victime.
Les échanges deviennent rapidement plus intimes jusqu’à être sexuels. L’auteur sollicite alors une photo, une vidéo intime ou un appel vidéo à caractère sexuel qu’il enregistrera à l’insu de la victime. Une fois le contenu obtenu, s’enclenche le chantage.
L’extorsion sexuelle se produit sur de très nombreux espaces numériques :
- les réseaux sociaux
- les messageries privées
- les applications de rencontre
- les applications de chat vidéo en direct
- les forums
- les plateformes de jeux vidéo en ligne
Après un premier échange sur un réseau social, l’auteur cherche souvent à déplacer la conversation vers une messagerie privée, afin d’être moins facilement détecté.
Quels sont les signes qui doivent alerter ?
Certains comportements doivent alerter, notamment :
- la prise de contact par un inconnu ou un profil comportant très peu d’informations
- une proposition rapide de poursuivre la conversation sur une messagerie privée
une demande urgente d’argent, de cartes cadeaux ou de cryptomonnaie - une demande de photos, vidéos ou nouveaux contenus à caractère sexuel
- des menaces de diffusion
- des messages insistants et répétés de la pression, de la culpabilisation ou une interdiction d’en parler à ses proches.
Que faire en cas d’extorsion sexuelle?
Face à une telle situation, il est essentiel de ne pas rester seul et de demander de l’aide rapidement.
Envoyer de l’argent ou transmettre de nouveaux contenus ne garantit pas que l’auteur mettra fin à ses menaces.
Il est recommandé de :
- ne plus répondre à l’auteur
- ne pas envoyer d’argent ni de nouveaux contenus
- de conserver les preuves, notamment les captures d’écran des échanges et les informations concernant le compte de l’auteur
- signaler le compte et la conversation sur la plateforme concernée
- contacter rapidement le 3018 par téléphone ou par tchat via l’App 3018
- déposer plainte et se faire aider dans ses démarches via la plateforme masécurité.interieur.gouv.fr
- contacter immédiatement sa banque si un paiement a déjà été effectué
Même lorsqu’une victime a elle-même envoyé une photo ou une vidéo intime, elle n’est jamais responsable du chantage qu’elle subit.
Comment réagir si son enfant est victime d’extorsion sexuelle ?
Pour les parents et les professionnels, la première étape est d’écouter la victime sans minimiser ni juger la situation.
Il est important de lui rappeler clairement qu’elle n’est pas responsable, d’évaluer son niveau de détresse et d’éviter de négocier directement avec l’auteur du chantage.
Le 3018 peut ensuite accompagner la victime et son entourage dans les démarches à effectuer.
Comment se protéger de l’extorsion sexuelle ?
Certaines mesures permettent de réduire les risques :
- paramétrer ses comptes en mode privé
- limiter les informations personnelles accessibles en ligne
- activer la double authentification
- utiliser un mot de passe différent pour chaque compte
- bloquer les comptes insistants
- parler à un adulte de confiance lorsqu’un échange en ligne provoque un sentiment de malaise
Il faut également garder en tête qu’avec l’intelligence artificielle, une véritable photo intime n’est plus nécessaire pour exercer un chantage : des contenus sexuels truqués (aussi appelés Deepnudes) peuvent aujourd’hui être générés ou montés à partir d’images ordinaires.
Que dit la loi ?
Selon la situation, plusieurs infractions prévues par le Code pénal peuvent être caractérisées, parmi lesquelles :
- l’extorsion sexuelle
- la corruption de mineur
- la sollicitation d’images à caractère sexuel d’un mineur
- la diffusion non consentie de contenus intimes
- la captation ou la diffusion d’images sexuelles représentant un mineur
- la diffusion de contenus sexuels représentant une personne et générés par intelligence artificielle ou réalisés à l’aide d’un montage
Victime d’extorsion sexuelle ? Contactez le 3018
En cas d’extorsion sexuelle, le 3018 est le premier réflexe.
Le 3018 est accessible 7 jours sur 7, de 9h à 23h, par téléphone ou par tchat via l’App 3018. L’écoute est gratuite, anonyme et confidentielle.
Le 3018 peut accompagner les victimes dans leurs démarches, les orienter vers les services compétents et transmettre des signalements aux plateformes afin de demander le retrait rapide de comptes ou de contenus préjudiciables, en tant que signaleur de confiance désignée par l’Arcom.



