Revenge Porn

Vengeance pornographique ou porno-divulgation

Qu’est-ce que le Revenge Porn ?

Le revenge porn ou la vengeance pornographique consiste à se venger d’une personne en rendant publics des contenus pornographiques où figure cette dernière, dans le but évident de l’humilier en dévoilant son intimité. Ces contenus peuvent être réalisés avec ou sans l’accord de l’intéressé (e), mais sont diffusés sans son consentement. Cette pratique inclut aussi bien les photos et les vidéos que les propos à caractère sexuel tenus à titre privé.

Ce phénomène résulte souvent d’une séparation amoureuse mal vécue par l’une des deux parties. Il est lié à la pratique de « sexting » (contraction de sex et de texting, pour désigner l’échange de contenus à caractère sexuel par SMS ou messagerie), fréquente auprès des jeunes.

Que dit la loi concernant le Revenge Porn ?

Depuis 2016, le revenge porn est considéré comme un délit par le Code Pénal. En effet, l’article 226-2-1 du Code Pénal est venu renforcer les sanctions encourues dans les cas spécifiques de diffusion de contenus à caractère sexuel.

Il stipule que :« Lorsque les délits prévus aux articles 226-1 et 226-2 portent sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel prises dans un lieu public ou privé, les peines sont portées à deux ans d’emprisonnement et à 60 000 € d’amende.

Est puni des mêmes peines le fait, en l’absence d’accord de la personne pour la diffusion, de porter à la connaissance du public ou d’un tiers tout enregistrement ou tout document portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel, obtenu, avec le consentement exprès ou présumé de la personne ou par elle-même, à l’aide de l’un des actes prévus à l’article 226-1. »

Le caractère sexuel des contenus est donc considéré comme une circonstance aggravante, puisque la peine encourue passe dans ce contexte d’un à deux ans de prison, et de 45 000 à 60 000 € d’amende.

Comment prévenir les risques de Revenge Porn ?

Ayez conscience que l’envoi de « nudes » entre adolescents est fréquent. Mieux vaut leur donner quelques astuces pour se prémunir des risques, dont ils n’ont pas conscience, que de lutter contre la pratique elle-même.

  • Responsabilisez-le sur la nature des contenus qu’il partage : partager son intimité ou des contenus à caractère sexuel comporte des risques : une fois envoyé, le contenu ne nous appartient plus. Gare aux personnes malveillantes qui pourraient en faire usage !
  • Aidez-le à évaluer la prise de risque : demandez-lui s’il aurait honte d’afficher le contenu en question dans la rue par exemple. Si c’est le cas, c’est peut-être que le contenu pourrait lui porter préjudice une fois diffusé.
  • Donnez quelques conseils de bon sens : ne pas envoyer d’images intimes dans lesquelles on peut être identifié : ne pas montrer son visage, un signe distinctif (un tatouage, un piercing), un décor particulier, et réserver ce type d’échange à des relations de confiance et de long terme.

Il est important de souligner que ce type de pratique peut être qualifiée de pornographie infantile si la personne représentée dans les contenus est une personne mineure

Que faire face à une situation de Revenge Porn ?

Si votre enfant est victime de revenge porn, voici quelques réflexes à adopter :

  • Nouez le dialogue ! Votre enfant aura sans doute honte de vous en parler. Soyez attentif au changement de comportement qui pourrait laisser supposer l’existence d’un problème. Abordez le sujet pour inciter votre enfant à se confier.
  • Déculpabilisez-le ! Il se sentira coupable d’avoir en premier lieu envoyé un contenu à caractère sexuel. Rappelez-lui que le fautif est l’auteur de l’infraction, celui qui a diffusé le contenu sans son consentement, et non lui.
  • Gardez des preuves : faites des captures d’écran.
  • Faites un signalement en ligne auprès du site internet/ réseau social/ plateforme concerné(s) pour alerter et stopper la diffusion des images ou propos compromettants.
  • Bloquez l’auteur de la diffusion.
  • Avertissez l’établissement scolaire si l’incident s’est produit avec un camarade de classe.
  • Déposez plainte au commissariat de police ou à la gendarmerie.
  • Appelez le 3018 qui dispose d’une procédure de signalement prioritaire et accélérée avec les réseaux sociaux pour obtenir la suppression des contenus en quelques heures.

 

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