La sextorsion en quelques chiffres
29 000
signalements de faits de sextorsion en ligne
enregistrés en France en 2024
+74 %
de situations de sextorsion prises en charge par le 3018
en un an
Une campagne nationale pour mieux prévenir la sextorsion
L’extorsion sexuelle, ou « sextorsion », est une forme de chantage qui consiste à menacer une personne de diffuser des photos ou vidéos intimes la concernant afin d’obtenir de l’argent, de nouveaux contenus à caractère sexuel ou de la contraindre à réaliser certains actes.
Les contenus utilisés pour exercer ce chantage ne sont pas nécessairement des images envoyées volontairement par la victime. Ils peuvent également avoir été obtenus à la suite du piratage d’un compte, enregistrés à son insu, détournés ou encore générés à l’aide de l’intelligence artificielle.
Pour sensibiliser les adolescents et leur permettre d’identifier plus rapidement ces mécanismes, la CIIVISE et le Gouvernement déploient une campagne nationale destinée aux jeunes de 11 à 17 ans, notamment sur TikTok et Snapchat.
La campagne met notamment en lumière les différentes stratégies utilisées par les agresseurs : entrer en contact avec un jeune, instaurer une relation de confiance, déplacer la conversation vers une messagerie privée, obtenir un contenu intime puis exercer une menace ou un chantage.
Briser le silence et la culpabilité
La sextorsion repose souvent sur l’isolement de la victime. Sous la menace de voir des images diffusées auprès de ses proches ou sur les réseaux sociaux, un jeune peut avoir peur d’en parler, penser qu’il a commis une faute ou chercher à gérer seul la situation.
La victime n’est jamais responsable du chantage qu’elle subit.
Avoir envoyé une photo, fait confiance à une personne en ligne ou répondu à une sollicitation ne transfère jamais la responsabilité sur la victime.
Mettre des mots sur la sextorsion et mieux faire connaître ses mécanismes permet aussi de lutter contre la honte et d’encourager les jeunes à demander de l’aide le plus rapidement possible.
Le 3018, le réflexe en cas de sextorsion
Au cœur de la campagne, un message essentiel est adressé aux jeunes : ne pas rester seul et demander de l’aide.
Le 3018 est le dispositif national destiné aux jeunes victimes, témoins ou auteurs de harcèlement et de violences numériques, ainsi qu’à leurs familles et aux professionnels.
En cas de sextorsion, ses équipes peuvent notamment :
- écouter et accompagner la victime sans jugement ;
- l’aider à comprendre la situation et à identifier les démarches à effectuer ;
- l’accompagner dans la conservation des preuves et les signalements ;
- l’orienter vers les services compétents lorsque la situation le nécessite ;
- transmettre des signalements aux plateformes afin de demander le retrait de comptes ou de contenus préjudiciables.
Besoin d’aide ? Contactez le 3018
Le 3018 est accessible 7 jours sur 7, de 9h à 23h, par téléphone au 3018 ou par tchat via l’App 3018.
Le service est gratuit, anonyme et confidentiel.
Sextorsion : quels sont les bons réflexes ?
Lorsqu’un jeune est confronté à cette situation, céder au chantage ne garantit jamais que les menaces prendront fin. L’auteur peut au contraire poursuivre ou augmenter ses exigences.
Les bons réflexes à adopter :
- ne pas envoyer d’argent ni de nouveaux contenus
- ne plus répondre aux menaces
- conserver les preuves : captures d’écran, messages, identifiants, profils et éventuelles demandes de paiement
- signaler le compte et la conversation sur la plateforme concernée
- bloquer l’auteur après avoir conservé les éléments utiles
- sécuriser ses comptes et modifier ses mots de passe si nécessaire
- en parler rapidement à un adulte ou à une personne de confiance
- contacter le 3018 pour être accompagné
Mieux informer pour permettre aux jeunes de demander de l’aide
À travers sa participation à cette campagne, l’Association e-Enfance / 3018 poursuit un objectif essentiel : faire connaître la sextorsion pour qu’un jeune confronté à cette violence puisse l’identifier, comprendre qu’il n’en est pas responsable et savoir immédiatement vers qui se tourner.
Parce que le silence et la peur renforcent l’emprise exercée par les agresseurs, la première réponse doit rester la même : en parler et demander de l’aide.
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