Lunettes connectées : le phénomène prend de l’ampleur, la justice se saisit du sujet

Dans son communiqué de presse du 8 septembre 2026, l’Association e-Enfance / 3018 alertait sur l’usage détourné des lunettes équipées d’une caméra et faisait état d’une vingtaine de signalements de femmes filmées à leur insu depuis le début de l’année. Le 3018, numéro national de prise en charge des victimes ou témoins de violences numériques, recense désormais une trentaine de signalements. Suite à ces alertes, le parquet de Paris s’est saisi du sujet, marquant l’ouverture de plusieurs enquêtes judiciaires.

Filmées à leur insu, exposées en ligne 

Dans l’espace public, des femmes sont filmées sans en être informées à l’aide de lunettes équipées d’une caméra. Ces vidéos, qui deviennent rapidement virales sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, reprennent les codes du divertissement à travers des pranks ou des micro-trottoirs. Diffusées sans consentement, ces images entraînent des vagues de violences et de cyberharcèlement : insultes, misogynie, menaces et raids numériques. Pour Inès Legendre, Responsable du plaidoyer à l’Association, les conséquences sont particulièrement lourdes : « Elles sont humiliées, et parfois pour certaines menacées de mort sur les réseaux sociaux. » (Le Monde).  

Ces contenus parfois relayés par des comptes masculinistes ou tenant des propos misogynes, amplifiant leur diffusion et l’exposition des victimes, participent aux violences sexistes et sexuelles présentes en ligne. La trentaine de signalements recensés par le 3018 ne représenterait ainsi que « la partie émergée de l’iceberg », selon Inès Legendre dans Le Monde.

Du signalement à l’enquête judiciaire

À la suite des signalements du 3018, le parquet de Paris a ouvert des enquêtes après le dépôt de plusieurs plaintes de femmes filmées dans la rue. Il fait état d’une « tendance montante sur les réseaux sociaux  » et indique que les investigations portent notamment sur des faits susceptibles de relever d’une atteinte à l’intimité de la vie privée. La diffusion en ligne de l’image ou des paroles d’autrui sans son consentement peut être sanctionnée par la loi. Dans certains cas, la justice a ouvert des enquêtes pour « agression sexuelle  » lorsque les vidéos montrent des gestes à caractère sexuel non consentis.

L’absence de consentement reste au cœur de la problématique. Inès Legendre rappelle, à l’AFP, que « voir un voyant s’allumer ne veut pas dire que l’on consent à être filmée ni à voir son image diffusée auprès de milliers de personnes par la suite ». Le voyant lumineux présent sur les lunettes permet d’indiquer qu’une captation vidéo est en cours mais ne constitue pas un accord explicite pour l’enregistrement ou la diffusion des images. La démocratisation de ces appareils soulève des interrogations sur l’émergence de nouveaux outils susceptibles d’être détournés pour commettre ou amplifier des cyberviolences sexistes et sexuelles. Pour l’Association, l’enjeu réside alors dans la prévention des usages abusifs de ces technologies, la protection des personnes filmées sans leur consentement et la mise en perspective de ce phénomène social dans un cadre légal. 

Votre image ou celle de votre enfant a été captée et diffusée sans votre accord ? Vous êtes victime ou témoin de cyberharcèlement et de violences numériques ?

Contactez le 3018, numéro national gratuit, confidentiel, anonyme et accessible 7j/7 de 9h à 23h. Les équipes accompagnent les victimes et témoins de violences numériques et interviennent auprès des plateformes pour favoriser le retrait de contenus préjudiciables. 

📞Par téléphone au 3018

🗨️Par tchat via l’App 3018

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Retrouvez nos interventions dans les médias :

Lunettes connectées : l’association e-Enfance alerte sur le harcèlement visant des femmes sur les réseaux sociaux | Le Figaro, 10 septembre

« Un nouveau problème de société », pour les femmes et la vie privée : pourquoi les lunettes connectées, comme les Ray-Ban Meta, inquiètent | Le Monde, 11 septembre 2026 

« Je ne sais pas trop ce que je peux faire » : faut-il s’inquiéter des lunettes Meta et de sa capacité à filmer sans être vu ? | Le Télégramme 16 septembre 2026 

La France enquête sur l’utilisation abusive de lunettes connectées dans des affaires de harcèlement sexuel | Reuters 18 septembre 2026

Lunettes connectées : plusieurs enquêtes ouvertes à Paris après des plaintes de femmes filmées dans la rue | Le Monde, 22 septembre 2026

Lunettes connectées : plusieurs enquêtes ouvertes à Paris pour des femmes filmées sans leur consentement – Libération 22 septembre 2026

Femmes filmées sans leur consentement avec des lunettes connectées : la justice s’empare du phénomène | AFP, 22 septembre 2026 

« Souvent des questions à connotation sexuelle »: les lunettes connectées utilisées pour filmer des femmes à leur insu, des enquêtes ouvertes | RMC, 23 septembre 2026

Des femmes filmées en pleine rue sans leur consentement : la justice française enquête sur les « lunettes perverses » connectées – midilibre.fr 23 septembre 2026

Ensemble, luttons contre le harcèlement et les violences numériques !