Interdiction du téléphone au lycée : ce qui change à la rentrée 2026

À partir de la rentrée scolaire 2026, l’utilisation du téléphone portable et des objets connectés est interdite dans les lycées. Une mesure qui prolonge le dispositif “Portable en pause” déjà appliqué dans les écoles et les collèges.

Pour l’Association e-Enfance / 3018, cette évolution peut constituer un levier utile pour favoriser la concentration, créer de véritables temps de déconnexion et limiter la continuité entre harcèlement scolaire et cyberharcèlement. À condition toutefois que cette mise à distance du téléphone ne soit pas seulement vécue comme une interdiction, mais qu’elle s’accompagne d’un véritable travail d’éducation aux usages numériques.

Interdiction du portable au lycée : que prévoit la mesure à la rentrée 2026 ?

 


Après la généralisation du dispositif « Portable en pause » dans les collèges à la rentrée 2025, le principe est désormais étendu aux lycées.

À compter de cette rentrée 2026, les élèves ne peuvent donc plus utiliser leur téléphone portable ou leurs autres objets connectés au sein de leur établissement, y compris pendant les pauses repas et pendant les activités organisées à l’extérieur. Des exceptions restent possibles, notamment pour certains usages pédagogiques, pour répondre aux besoins spécifiques de certains élèves ou selon des modalités prévues par le règlement intérieur de l’établissement.

Les modalités concrètes peuvent donc varier d’un lycée à l’autre. L’objectif reste cependant le même : mettre le téléphone à distance pendant le temps scolaire, afin qu’il ne rythme plus en permanence la journée des élèves.

À l’adolescence, se déconnecter n’est pas toujours si simple



Messages, notifications, conversations de groupe… Le smartphone est devenu un élément central du quotidien des adolescents.

Or, à cette période de la vie, les capacités d’attention sont encore en construction. Résister à ne pas consulter une notification, ses messages ou décider de ne pas ouvrir une application demande un effort.

Mettre collectivement le smartphone à distance pendant quelques heures peut donc permettre de réduire les sollicitations permanentes et de préserver davantage la disponibilité des jeunes pour les apprentissages et leur vie sociale. 

Cette règle commune présente également un intérêt : elle évite de faire reposer uniquement sur chaque adolescent la responsabilité de « savoir décrocher », alors même que cette capacité de maîtrise peut être difficile à exercer, y compris pour les adultes.

Créer un temps de répit face au cyberharcèlement



Cette mise à distance du téléphone peut également jouer un rôle dans la prévention face au cyberharcèlement.

Pour certaines jeunes victimes de harcèlement, les violences ne s’arrêtent plus aux portes de l’établissement. Un commentaire, une photo, une vidéo, un message humiliant ou une conversation de groupe peuvent prolonger les violences scolaires jusque sur le téléphone de la victime et donc au sein de ses espaces les plus intimes.

Le smartphone peut ainsi créer une forme de continuité entre harcèlement scolaire et cyberharcèlement, dans laquelle il devient particulièrement difficile de trouver un moment de répit.

Limiter l’accès au téléphone pendant la journée scolaire ne fera évidemment pas disparaître le cyberharcèlement. Mais cette mesure peut contribuer à préserver davantage l’établissement comme un espace dans lequel les sollicitations et les violences numériques ne peuvent pas suivre instantanément les élèves jusque dans la classe.

Les premiers retours du dispositif « Portable en pause » au collège vont d’ailleurs dans ce sens : le ministère de l’Éducation nationale indique que les établissements expérimentateurs ont constaté une amélioration du climat scolaire et une diminution des signalements de cyberharcèlement et d’incidents liés aux réseaux sociaux.

Interdire le téléphone, mais surtout apprendre à mieux l’utiliser



Pour être réellement éducative, cette mesure ne peut toutefois pas se limiter à demander aux adolescents de ranger leur téléphone.

L’objectif n’est pas de leur apprendre à vivre sans numérique. Smartphones, réseaux sociaux et messageries continueront de faire partie de leur quotidien, de leur vie sociale et, demain, de leur vie professionnelle.

L’enjeu est donc davantage de les aider progressivement à reprendre la main sur leurs usages : comprendre pourquoi certaines applications captent leur attention, savoir désactiver certaines notifications, identifier les moments où le téléphone devient trop envahissant ou encore savoir comment réagir lorsqu’une situation problématique survient en ligne.

 

(Cyber)harcèlement ou violences numériques :
le 3018 est là pour vous aider

Messages insultants, menaces, rumeurs en ligne, exclusion d’un groupe de discussion … Pour mettre fin au harcèlement ou aux violences en ligne, dans tous les cas il est important de ne pas rester seul.

Le 3018, dispositif national pour les jeunes sur les questions de harcèlement et de violences numériques, accompagne les enfants, les adolescents, leurs parents et les professionnels confrontés à ces situations.

En cas de problème, parler à un adulte de confiance et demander de l’aide permet d’agir rapidement et de faire cesser les violences.

Contacter le 3018

Ensemble, luttons contre le harcèlement et les violences numériques !