Une étude inédite sur le rapport des adolescents à l’information
À l’occasion de la 37e édition de la Semaine de la presse et des médias dans l’École, organisée par le CLEMI, autour de la thématique « Où est l’info ? », l’Association e-Enfance / 3018 publie une étude inédite consacrée au rapport des jeunes à l’information.
Menée auprès de 1 049 adolescents âgés de 11 à 18 ans, cette enquête met en lumière une évolution majeure des pratiques informationnelles, marquée par un basculement vers les plateformes numériques et une fragilisation des repères traditionnels.
Dans un environnement où les logiques de viralité, les recommandations algorithmiques et les outils d’intelligence artificielle prennent une place croissante, les jeunes développent de nouveaux réflexes pour s’informer, mais aussi de nouvelles vulnérabilités.
Les principaux enseignements
Les réseaux sociaux, premier point d’entrée vers l’information
Aujourd’hui, les jeunes s’informent d’abord via les réseaux sociaux, qui deviennent leur principal canal d’exposition à l’information. 70 % des jeunes déclarent se tourner vers TikTok pour rechercher de l’information. Les réseaux sociaux s’imposent ainsi comme des espaces centraux dans la construction du rapport à l’actualité.
Pourtant, 37 % estiment qu’il est important de s’informer pour ne pas se faire manipuler, révélant un décalage entre intention et pratiques.
Des repères de confiance encore présents
90 % des jeunes font confiance à leurs parents et 82 % à leurs enseignants, montrant que les figures traditionnelles restent structurantes.
Mais ces repères coexistent désormais avec des sources numériques dont la fiabilité est plus variable.
L’IA, une source d’information en pleine expansion
56 % des adolescents déclarent faire confiance aux IA conversationnelles, et 40 % ne remettent pas en question les informations fournies.
Cela pose un enjeu central de développement de l’esprit critique face à ces nouveaux outils.
Une fatigue informationnelle préoccupante
81 % des jeunes déclarent ne plus savoir à quoi faire confiance face à la multiplication des fausses informations.
53 % affirment que cela leur enlève l’envie de s’informer, signe d’un désengagement informationnel croissant.
Un enjeu démocratique majeur
L’étude met en évidence un basculement profond : les adolescents construisent désormais leur rapport à l’information dans un environnement fragilisé, marqué par la désinformation, la viralité des contenus et l’essor d’outils d’intelligence artificielle de plus en plus difficiles à décrypter. Dans ce contexte, où les repères traditionnels de fiabilité s’estompent et où la défiance peut s’installer, il devient essentiel de mieux comprendre leurs pratiques pour adapter les politiques publiques et faire évoluer l’éducation aux médias et à l’information. C’est dans cette perspective que l’Association e-Enfance / 3018 inscrit ce travail dans la durée, avec l’ambition de suivre, année après année, l’évolution du rapport des jeunes à l’information.
Enquête réalisée par l’Institut Toluna Harris Interactive du 22 au 27 janvier 2026 auprès de 1 049 adolescents âgés de 11 à 18 ans (méthode des quotas).
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