La multiplication des initiatives de streamers qui traquent des pédocriminels présumés notamment sur les plateformes Twitch et YouTube soulève des questions sur les méthodes employées et leurs conséquences sur les enquêtes judiciaires. Si l’objectif de protéger les mineurs est compréhensible, certaines pratiques peuvent entraîner des dérives et compromettre le travail des forces de l’ordre.
Véronique Béchu, directrice de l’Observatoire des violences numériques faites aux mineurs de l’Association e-Enfance / 3018, rappelle que l’engagement de ces collectifs répond à un besoin réel face à l’ampleur des violences sexuelles envers les mineurs. Elle souligne toutefois l’importance d’un cadre strict : la diffusion d’identités, l’exposition publique de suspects ou certaines méthodes de provocation peuvent nuire aux enquêtes et porter atteinte à la présomption d’innocence.
Certains collectifs ont structuré leur action et créé des liens avec les services de police et de justice. Cependant, près de 50 % de leurs signalements ne donnent pas lieu à des suites judiciaires, selon Véronique Béchu, notamment en raison des risques liés aux méthodes utilisées.
Face à ces situations, le signalement auprès des dispositifs officiels reste essentiel afin de permettre aux enquêteurs de recueillir les preuves nécessaires, d’identifier d’éventuelles victimes et de protéger les mineurs.
Pour en savoir plus : retrouvez l’article complet dans La Voix du Nord – 28 mai.
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