Baromètre 2026 : un enfant sur trois confronté au harcèlement, de nouveaux risques liés à l’IA et aux espaces numériques

L’Association e-Enfance / 3018 dévoile les résultats de la 6e édition de son Baromètre annuel sur le harcèlement et le cyberharcèlement chez les 6-18 ans, réalisé par l’institut George(s) avec le soutien de la Caisse d’Epargne.

Menée en septembre 2026 auprès de 1 612 binômes parents-enfants, cette nouvelle étude révèle un phénomène qui ne faiblit pas : près d’un jeune sur trois a déjà été confronté au harcèlement ou au cyberharcèlement.

Au-delà de cette réalité persistante, le Baromètre 2026 met en lumière l’évolution des espaces dans lesquels se développent les violences : jeux vidéo en ligne, groupes de discussion entre camarades et, désormais, intelligence artificielle. Des usages qui transforment l’expérience des jeunes, mais aussi leur manière de chercher de l’aide.

Les chiffres clés du Baromètre 2026

32 %
des jeunes ont subi une situation de harcèlement ou de cyberharcèlement
79 %
des victimes de harcèlement citent le milieu scolaire
56 %
des membres de groupes de discussion ont vu des contenus humiliants
25 %
des victimes se sont tournées vers une IA pour obtenir de l’aide

Le harcèlement : un phénomène toujours profondément installé

En 2026, 29 % des jeunes déclarent avoir subi du harcèlement, contre 30 % en 2025. Par ailleurs, 12 % déclarent avoir vécu une situation de cyberharcèlement.

Si l’école demeure le principal lieu des violences, le harcèlement ne se limite ni à ses murs ni aux horaires scolaires. Les relations entre jeunes se prolongent sur les plateformes numériques, où les humiliations, les exclusions et les intimidations peuvent continuer bien après la fin des cours.

Harcèlement et cyberharcèlement sont étroitement liés. Parmi les enfants ayant vécu ces deux formes de violences, deux sur trois déclarent qu’elles s’inscrivaient dans une même situation.

Réseaux sociaux, jeux en ligne et groupes de classe : de nouveaux espaces de violence

Les usages numériques occupent une place centrale dans le quotidien des plus jeunes. 83 % des 6-18 ans utilisent au moins un réseau social ou une messagerie, avec une moyenne de 3,6 plateformes fréquentées.

Cette exposition commence tôt : dès 6-7 ans, 61 % des enfants utilisent au moins un réseau ou une messagerie. Près d’un quart des élèves de primaire fréquentent Roblox, une proportion qui atteint 37 % au collège.

40 %

des jeunes joueurs en ligne déclarent avoir vécu ou observé des insultes, des exclusions, des menaces ou des pressions.

56 %

des jeunes présents dans des groupes de discussion en ligne ont déjà vu des contenus visant à moquer, exclure ou humilier.

Les groupes WhatsApp entre camarades, les espaces de discussion associés aux jeux vidéo et les réseaux sociaux constituent autant de lieux où les violences peuvent se prolonger.

Le harcèlement ne commence pas nécessairement à l’école et ne s’arrête pas à ses portes. Sa prévention doit prendre en compte l’ensemble des espaces de vie et de sociabilité des enfants.

Intelligence artificielle : un nouvel espace de risques, mais aussi de recherche de soutien

C’est l’un des enseignements les plus marquants de cette édition 2026 : l’intelligence artificielle prend une place croissante dans le quotidien des adolescents, bien au-delà des usages scolaires.

66 % des collégiens et lycéens utilisent l’IA pour leurs activités scolaires, contre 57 % en 2025. Mais plus d’un sur cinq (21 %) déclare également l’utiliser comme un compagnon auquel se confier, à la manière d’un ami ou d’un proche.

L’IA, un nouveau réflexe chez les jeunes victimes ?

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25 % des jeunes victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement ont utilisé une intelligence artificielle pour obtenir du soutien ou des conseils.

Parmi les victimes ayant eu recours à ces outils, 83 % estiment que l’IA a contribué à réduire ou résoudre leur problème.

Cette recherche d’aide auprès de l’IA révèle un besoin important d’écoute, de réassurance et d’accompagnement.

Mais l’intelligence artificielle peut aussi devenir un outil de violence. Près d’une victime de cyberharcèlement sur trois (31 %) rapporte avoir été visée par des contenus humiliants générés par IA, notamment des deepfakes.

31 % des victimes de cyberharcèlement déclarent avoir été visées par des contenus humiliants générés par intelligence artificielle.

Ces nouvelles formes de violences soulignent l’importance de la prévention et de l’accès à un accompagnement humain.

Des conséquences durables sur la santé mentale des jeunes

Derrière les chiffres du harcèlement, les conséquences psychologiques demeurent particulièrement préoccupantes.

49 %

des jeunes victimes ont perdu confiance en eux pendant les faits.

40 %

des jeunes victimes se sont repliés sur eux-mêmes.

10 %

des jeunes victimes ont pensé au suicide pendant cette période.

45 %

des jeunes victimes craignent encore que le harcèlement recommence.

Ces violences laissent des traces bien après leur interruption. Parmi les jeunes victimes, 47 % déclarent en ressentir encore les conséquences et 31 % n’ont pas retrouvé confiance en eux.

La souffrance touche également les plus jeunes : dès le primaire, 63 % des enfants victimes déclarent avoir ressenti de la tristesse.

Ces résultats rappellent l’importance de repérer les premiers signes, d’accueillir la parole des enfants sans jugement et de proposer un accompagnement adapté, notamment sur le plan psychologique.

Prévenir, écouter et accompagner : faire du 3018 un réflexe

Si le Baromètre met en évidence la persistance des violences, il souligne aussi le rôle essentiel des adultes dans la protection des jeunes.

Sept victimes sur dix déclarent avoir parlé du harcèlement subi à leurs parents. Une évolution encourageante qui rappelle combien la confiance et le dialogue sont déterminants.

Les besoins d’accompagnement restent néanmoins importants : 64 % des jeunes victimes ayant exprimé un avis estiment qu’un soutien psychologique aurait pu les aider. Du côté des parents, 86 % jugent utile la possibilité d’un accompagnement psychologique en cas de harcèlement.

Harcèlement ou violences numériques, ne restez pas seul.

3018

Le dispositif national pour les jeunes confrontés au harcèlement ou aux violences numériques et les adultes qui les entourent.

Gratuit et confidentiel, le 3018 est accessible 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h, par téléphone et via l’App 3018.

Ses professionnels apportent une écoute, des conseils et un accompagnement personnalisé aux jeunes, à leurs familles et aux professionnels.

En tant que signaleur de confiance, l’Association e-Enfance / 3018 peut également intervenir auprès des plateformes pour faire retirer des contenus préjudiciables.

Découvrir le 3018

La lutte contre le harcèlement exige une mobilisation collective. Familles, établissements scolaires, professionnels, pouvoirs publics et plateformes numériques ont tous un rôle à jouer pour protéger les enfants, prévenir les violences et favoriser la libération de la parole.

Source : Baromètre 2026 Caisse d’Epargne – Association e-Enfance / 3018. Étude réalisée en ligne par l’institut George(s), du 18 au 28 septembre 2026, auprès de 1 612 binômes parents-enfants de 6 à 18 ans.

Ensemble, luttons contre le harcèlement et les violences numériques !